
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours dessiné.
Après une fac de sciences, puis de lettres (par curiosité, et pour le plaisir de nourrir l’esprit), j’ai fini par travailler en RH… tout en gardant un pied dans le graphisme, qui me titillait depuis longtemps.
J’ai suivi une formation de maquette graphique au Greta CDMA — principalement pour comprendre la typographie et les règles de composition. J’y ai découvert que le blanc, le silence, le vide… avaient autant de valeur que les traits.
J’ai commencé à dessiner en vectoriel par accident : en créant un organigramme sur Word.
J’ai exploré l’outil, gratté ses limites, puis je suis passée sur Corel pour accompagner mes premiers projets imprimés.
QUI JE
SUIS
créer?
Parce que j’aime ça.
Raconter des histoires, figer des instants, inventer des saynètes, attraper une émotion fugace née d’un regard, d’un geste, d’un mot.
L’instant que je préfère ?
Celui où ce que je fais commence à vivre par lui-même — où l’image devient autonome, où elle n’a plus “besoin” de moi. C’est à la fois un accomplissement et un petit vertige, avant que le prochain projet ne surgisse sans prévenir.
Quand je travaille sur commande (identité visuelle, logo), j’aime embarquer les gens avec moi : respecter leurs envies, mais les emmener un peu plus loin que ce qu’ils imaginaient. J’avance par vagues, par séries, par “quantum leap”. Si rien ne vient, c’est que ce n’est pas le bon projet pour moi — et c’est très bien ainsi.
Je démarre par l’émotion, par la couleur, parfois même par le son.
L’image vient après.
Le montage vidéo m’a appris à raconter en rythme : chaque image porte une intention.
Quand je dessine des personnages, tout part du regard. Si les yeux fonctionnent — tout suit.
J’ai un rapport particulier aux yeux : je les vois partout. Même dans les mots. Même dans les objets.
Je suis une paréidolie ambulante. J’assume.
Mon
fil
rouge
ce qui
me
nourrit
L’humour noir, l’absurde, les non-sens qui n’en sont jamais vraiment.
Les livres (romans, BD, artbooks), les jeux vidéo, le cinéma, la musique, les gâteaux et les chats.
Le violon Hardanger. Les compositeurs et illustrateurs russes (Prokofiev, Bilibine).
Les préraphaélites. L’Art nouveau. Les univers qui racontent avant même qu’on les décrive.
Et cette étrange nostalgie pour des choses que je n’ai jamais vécues.